Le port de Douvres est revenu ce week-end pour devenir le point critique de la mobilité touristique entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale. La police aux frontières française a temporairement suspendu le Contrôles biométriques EES après Des milliers de passagers attendront avant d'embarquer sur les ferries pour Calais. L’épisode confirme que la numérisation des frontières, sans capacité opérationnelle suffisante, peut transférer le goulot d’étranglement directement sur le voyageur.

Le problème n’était pas seulement l’afflux du pont britannique, mais aussi la performance du système. Les nouvelles exigences en matière d'empreintes digitales et de reconnaissance faciale ont provoqué des files d'attente allant jusqu'à quatre heures; Certains terminaux n’étaient pas encore entièrement installés et les agents devaient traiter les données manuellement. Au retour aux contrôles conventionnels, l'attente est tombée à environ 45 minutes, avec environ 18 000 voyageurs attendus ce week-end, selon le Times.

Le test EES a échoué à Douvres

L'EES, pleinement opérationnel depuis le 10 avril, remplace le tamponnage manuel des passeports par des enregistrements numériques pour les ressortissants de pays tiers qui voyagent pour un court séjour dans l’espace Schengen. Bruxelles le présente comme un système plus sûr et plus efficace, mais son premier véritable test à Douvres montre une tension bien connue pour le tourisme : chaque seconde ajoutée à la frontière est multipliée lorsque coïncident voiture, ferry, famille, bagages, chauffage, personnel limité, heure de pointe et haute saison.

Douvres n'est pas un cas isolé. En France, ADP a demandé la suspension de ses déploiements à Charles de Gaulle et Orly lors des pointes de juin-août ; Lisbonne paralyse déjà l'EES depuis trois mois après avoir attendu jusqu'à sept heures. La Grèce refuse les exemptions fondées sur la nationalité, mais autorise l'extinction des scanners dans les aéroports encombrés, ce qui assouplit en pratique partiellement les contrôles biométriques pour préserver la fluidité touristique en pleine campagne estivale, sans fermer les frontières.

La pression du secteur aérien

Parmi les compagnies aériennes, Ryanair a écrit aux gouvernements des 29 pays de l'EEE pour leur demander une suspension jusqu'en septembretandis qu'easyJet prévient que les files d'attente peuvent décourager les voyages vers des destinations comme l'Espagne. ACI Europe, Airlines for Europe et IATA demandent à la Commission que les États puissent suspendre le système totalement ou partiellement jusqu'en octobresi l'opération menace de s'effondrer cet été et de nuire à l'expérience des passagers dans les aéroports et les ports.

Il faut tenir compte du fait que le marché britannique continue d'être déterminant et Toute friction à l'origine affecte les réservations de dernière minute, les forfaits familiaux, les escapades en ville et la connectivité maritime ou aérienne.. La question n’est donc plus de savoir si le contrôle biométrique arrivera, mais comment il sera géré. Si Douvres se répète cet été, l’efficacité promise par la SEE pourrait nuire à la réputation de l’Europe et de ses destinations touristiques sur le continent.

★★★★★