L'Espagne bat une fois de plus des records touristiques. Les chiffres des visiteurs, des dépenses et de l'emploi confirment que notre pays continue d'être l'une des grandes puissances mondiales du secteur. C’est une excellente nouvelle pour notre économie, pour des milliers d’entreprises et pour des millions de travailleurs qui vivent directement ou indirectement du tourisme.
Mais le succès ne se gouverne pas tout seul.
Une croissance durable nécessite plus que des titres positifs. Sans planification, sans infrastructure adéquate et sans capacité d’anticipation, les records peuvent finir par se transformer en tensions pour les destinations, en surcharge pour les services publics et en incertitude pour les propriétaires d’entreprises et les travailleurs. Le tourisme n'a pas besoin de propagande. Cela nécessite de la gestion, de la prévoyance et de la responsabilité.
Et la réalité nous rappelle que le défi n’est pas seulement d’attirer plus de visiteurs, mais aussi de gérer correctement leur impact. Lorsque des avertissements surgissent concernant d’éventuels effondrements des contrôles aéroportuaires, des tensions dans les infrastructures stratégiques ou des problèmes de coordination entre les administrations, nous comprenons que le défi n’est pas de croître davantage, mais de mieux gérer cette croissance. Les dossiers ne peuvent masquer les déficiences de la planification.
L'Espagne n'est pas en concurrence entre les communautés autonomes ; est en concurrence avec des pays comme la France, l'Italie ou le Portugal qui renforcent leur gouvernance touristique, simplifient les cadres réglementaires et planifient des investissements stratégiques avec une vision à moyen et long terme.
Gouverner avec succès signifie comprendre que le tourisme n’est pas une industrie accessoire, mais une véritable politique d’État. Cela représente environ 12% du PIB, des millions d’emplois et une part essentielle de notre projection internationale. Cela nécessite une stabilité réglementaire, une coordination entre les administrations et une sécurité juridique pour attirer les investissements.
Cela nécessite également un engagement décisif en faveur des infrastructures stratégiques. Des aéroports prêts à absorber les pics de demande, une connectivité ferroviaire efficace, des ports compétitifs, des routes en bon état et des services publics dimensionnés pour résister aux saisons de forte intensité. La croissance du tourisme ne peut pas nuire à la qualité de vie des résidents ni détériorer l’expérience du visiteur.
De même, pour réussir à gouverner, il faut professionnaliser davantage le secteur. La formation, la qualification et la dignité de l'emploi touristique sont des éléments centraux pour soutenir notre leadership. L'excellence ne s'improvise pas ; est construit.
Un autre élément essentiel est la planification stratégique. Il ne suffit pas de célébrer des chiffres records. Il est nécessaire de diversifier les marchés sources, de renforcer la résilience face aux crises internationales, de favoriser la digitalisation et d’augmenter la valeur ajoutée de notre offre. Le leadership mondial ne se maintient pas par l’inertie ; Il est consolidé par des réformes et une vision.
L'Espagne a démontré tout au long de son histoire qu'elle sait se transformer lorsque le contexte l'exige. Aujourd’hui, le défi n’est pas de croître davantage à tout prix, mais de croître mieux : grâce à une planification, à des réformes et à une stratégie nationale claire.
Le tourisme ne peut pas dépendre de l’inertie ou du hasard. Cela nécessite une direction politique, une vision stratégique et une responsabilité institutionnelle.
Parce que les disques impressionnent ; mais ce qui construit réellement le leadership, c'est la capacité de les gouverner intelligemment.
L’Espagne ne doit pas seulement aspirer à devenir le pays qui reçoit le plus de touristes. Elle doit aspirer à être le pays qui gère le mieux son succès, celui qui transforme chaque personnage en prospérité durable, chaque visiteur en réputation internationale et chaque saison en opportunité de modernisation.
C'est là que se décide l'avenir.
Parce que les grandes nations ne se mesurent pas aux records qu’elles battent, mais à la manière dont elles les gèrent pour continuer à diriger le monde.
Agustín Almodóbar Barceló
Sénateur d'Alicante et porte-parole du Tourisme du Groupe Populaire au Sénat.
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