Le volume des demandes de Visa Schengen se redresse fortement en 2024, atteignant 11,7 millions de dossiers traités, soit 13 % de plus qu'en 2023. Baromètre 2025 des refus de visa Schengen, préparé par BonjourSafe sur la base des données officielles du Commission européenne (DG HOME), souligne que le taux de refus global s'élève à 14,8%, ce qui signifie qu'environ une demande sur sept continue d'être rejetée, un niveau encore bien supérieur à celui enregistré avant la pandémie (9,9% en 2019).
Les taux de refus varient de moins de 5 % en Asie de l’Est à plus de 35 % dans certaines parties d’Afrique du Nord, « ce qui reflète l’un des écarts géographiques les plus marqués observés ces dernières années », indique l’étude.
HelloSafe explique que la diminution progressive du taux de refus par rapport à 2022 et 2023 est en grande partie due au retour massif des voyageurs asiatiques. Chine est en tête du nombre de demandes en 2024, avec 1,78 million de dossiers (+59%), et un Taux de rejet de 4,6 %. En Asie de l’Est, les taux restent inférieurs à 10 %, au point que le rapport décrit la Chine et le Japon comme des pays bénéficiant d’un traitement quasi « VIP ».
Ces différences ne se reflètent pas seulement dans les pourcentages, mais aussi dans les délais. Alors que le délai moyen de traitement dans le monde est d'environ 15 jours, en Afrique du Nord, il se situe entre 25 et 30 jours.
Coût économique pour les candidats
HellosSafe a estimé que les refus de visa ont un impact économique direct sur les voyageurs en provenance de 316 millions d'euros de coûts frais non remboursables associés aux dossiers rejetés. Le coût moyen par demande refusée s'élève à 185 euros, répartis en 90 euros de frais consulaires, 30 euros pour les centres de visa externes, 45 euros pour l'assurance voyage conforme à Schengen et environ 20 euros de frais administratifs.
Près de 60 % de ces pertes sont concentrées dans les dix nationalités connaissant le plus grand nombre de refus, dont l’Algérie, la Turquie, l’Inde et le Maroc, ce qui renforce la perception d’un « accès de plus en plus inégal au visa Schengen ».
Raisons du rejet
L'analyse identifie quatre causes structurelles qui expliquent la majorité des refus. Le principal est le iressources financières insuffisantesresponsable de 21 % des refus dans le monde, les consulats évaluant la capacité du demandeur à couvrir le transport, l'hébergement et les dépenses quotidiennes. Il est suivi par assurance voyage non conforme (15 %), une exigence qui, selon le rapport, « continue d'être l'une des plus sous-évaluées par les candidats » et ne comprend souvent pas de couverture médicale obligatoire de 30 000 €, de rapatriement ou d'attestation reconnue par les consulats. D'autres raisons récurrentes sont un objectif de voyage jugé peu clair ou faiblement justifié et des doutes quant au retour dans le pays d'origine (12%).
En Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne, ces facteurs se conjuguent à une plus grande préoccupation consulaire concernant le risque migratoire, tandis qu'en Europe de l'Est, on constate une forte proportion de refus pour des raisons de sécurité ou d'ordre public.
Pays et consulats les plus restrictifs
Parmi les États Schengen, Malte était en tête du taux de refus en 2024, avec 38,5 %, suivie de l'Estonie (27,2 %) et de la Belgique (24,6 %).
Au niveau consulaire, le rapport souligne que « les trois consulats de France en Algérie (Alger, Oran et Annaba) figurent parmi les quatre premiers au monde en nombre de refus ». Ensemble, ils représentent plus de 118 000 refus, soit près de 7 % du total mondial des refus Schengen.
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