Les touristes de l'Union européenne et d'autres pays qui souhaitent voyager aux États-Unis dans les années à venir devront se soumettre à des procédures beaucoup plus strictes et à des systèmes de contrôle numérique et biométrique renforcés pour obtenir le certificat d'accès ESTA, selon un nouveau plan proposé par le ministère de la Sécurité intérieure. Plus précisément, le Bureau des douanes et de la protection des frontières (CBP) souhaite que l'application mobile ESTA soit la seule plate-forme valable pour déposer une demande, que la présentation d'une photographie faciale ou d'un « selfie » soit requise pour la vérification de l'identité et que l'obligation de révéler l'activité sur les réseaux sociaux des cinq dernières années soit imposée comme condition fondamentale pour l'approbation du document d'entrée.

Ces changements s'appliqueraient aux citoyens des pays ayant un accord d'exemption de visa avec les États-Unis pour les courts voyages (touristiques ou d'affaires). Le programme ESTA (Electronic System for Travel Authorization) est conçu pour les voyageurs en provenance de l'Union européenne, du Royaume-Uni, d'Australie, de Nouvelle-Zélande, du Chili, du Japon, de Corée du Sud et de Taiwan.

Le CBP a ouvert une période de consultation, invitant d'autres agences et entités fédérales à commenter les propositions suivantes

1. Disparition du site internet : CECI sera uniquement mobile

Il est prévu de supprimer le site Internet ESTA en tant que plateforme de traitement de nouvelles autorisations. Le CBP prévoit de faire de l'application mobile ESTA le seul moyen de déposer une demande, ce qui signifie que les voyageurs ne pourront plus utiliser le portail Web actuel à cette fin.

La décision de migrer vers un système uniquement mobile répond au besoin d'améliorer la sécurité et l'efficacité, selon le CBP. L'agence a identifié que le téléchargement d'images de mauvaise qualité sur le site Web a permis aux candidats de « contourner la vérification de la comparaison faciale ».

De plus, le site Internet est exploité par des « acteurs malveillants » car, contrairement à l'application mobile, il ne peut pas valider l'authenticité du passeport grâce à la puce électronique. L'application mobile, quant à elle, propose des méthodes de vérification supérieures, telles que la reconnaissance faciale et la vérification NFC du passeport électronique. Le portail Web ESTA resterait toutefois actif uniquement en tant que ressource d'information et pour vérifier le statut des demandes.

2. Le 'selfie' serait obligatoire

Une deuxième exigence cruciale serait l'obligation de fournir une photographie du visage ou un « selfie » du demandeur. Cette nouvelle exigence s'ajoute à la photo sur la page biographique du passeport, qui était déjà exigée.

Cette exigence de photo faciale s’appliquera à la fois via le site Web – à condition qu’elle ne soit pas désactivée – et dans l’application mobile et dans les présentations de tiers. C'est à dire, même si la demande est soumise par un tiers, comme une agence de voyages ou un membre de la famille, le tiers sera tenu de fournir la photographie du visage du demandeur ESTA. L'objectif est de « mieux garantir que le demandeur est le titulaire légitime du document » utilisé pour obtenir l'autorisation ESTA.

3. Demande de réseaux sociaux et autres données « à forte valeur »

Le CBP a également intégré les informations sur les réseaux sociaux du demandeur comme condition obligatoire pour l'obtention de l'ESTA. Le candidat doit fournir les comptes de réseaux sociaux qu'il a utilisés au cours des cinq dernières années.

De plus, plusieurs « champs de données de grande valeur » seront ajoutés à la demande ESTA, lorsque cela est possible. Ces informations supplémentaires comprendraient :

  • Contacts et informations numériques : numéros de téléphone (cinq dernières années), adresses e-mail (dix dernières années), ainsi que adresses IP et métadonnées pour les photos soumises par voie électronique.
  • Données familiales : noms des membres de la famille (parents, conjoint, frères et sœurs, enfants), leurs numéros de téléphone (cinq dernières années), dates de naissance, lieux de naissance et résidences.
  • Données biométriques : la collecte de données biométriques est envisagée, notamment le visage, les empreintes digitales, l'ADN et l'iris.

Vous pouvez consulter la proposition officielle du CBP sur ce lien vers le US Federal Register (document PDF).

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