La durabilité dans le secteur des croisières est entrée dans une nouvelle étape. Au cours des dernières années, le GNL Il s’est imposé comme l’un des principaux outils de transition pour réduire les émissions par rapport aux carburants traditionnels. Cependant, la récente annonce de Meyer Werft intègre une nouvelle référence à la carte du secteur : la possibilité d'évoluer vers un modèle sans énergies fossiles sur certains itinéraires. Le chantier naval allemand a présenté son projet Visiondéfinie comme une croisière 100% électrique par batteries de plus de 80 000GTavec une réduction potentielle des émissions de gaz à effet de serre pouvant atteindre 95%.
Le mouvement ne modifie pas immédiatement le fonctionnement du marché, mais il élargit le cadre de la transition. Alors que Meyer Werft signale une orientation possible à long terme, les grandes compagnies maritimes telles que MSC Croisières, Costa Croisières, Royal Caribbean et Norwegian Cruise Line continuent de développer leurs plans de développement durable à des rythmes différents sur une base commune : le déploiement des technologies disponibles aujourd'hui, avec le GNL comme l'un de leurs principaux supports. C’est ainsi que se configure une nouvelle carte du secteur, dans laquelle coexistent des solutions d’application immédiate avec des propositions qui pointent vers la prochaine phase d’évolution.
L'annonce de Meyer Werft sert, dans ce contexte, de référence pour l'avenir. Son projet propose un navire d'environ 275 mètres et la capacité de 1 856 passagersconçu pour fonctionner sans combustion fossile sur les routes européennes. Plutôt que de remplacer le cadre actuel, la proposition élargit le débat sur la manière dont la durabilité des croisières peut évoluer dans les années à venir.
Le GNL continue de marquer la transition actuelle du marché
Malgré l'émergence de nouvelles propositions, le présent du secteur continue de s'appuyer sur des solutions déjà matures d'un point de vue industriel. Selon la CLIA, le secteur Fin 2025, elle comptait 23 navires équipés de moteurs à carburant flexible en service et prévoit l'entrée de 32 nouveaux navires bicarburant jusqu'en 2036dont 25 pourront utiliser le GNL et sept méthanol. Cette prévision confirme que le gaz conserve une place centrale dans la transition énergétique de la croisière, même s'il partage de plus en plus de place avec d'autres voies d'évolution technologique.
En parallèle, l'industrie commence à préparer une flotte plus flexible, capable de s'adapter aux différents carburants à mesure que l'approvisionnement énergétique, la réglementation et les infrastructures portuaires évoluent. Dans ce scénario, le GNL conserve son poids en tant que solution actuelle, tandis que l’électrification, le méthanol et les carburants renouvelables gagnent en visibilité dans le cadre de la prochaine étape.
MSC et Costa : le GNL comme base opérationnelle consolidée
Dans ce cadre, MSC Croisières et Costa Croisières Ils représentent deux des exemples les plus visibles d’intégration du GNL et d’autres mesures d’efficacité dans les opérations actuelles. Dans le cas du MSC, les connexions électriques au port allaient de 44 en 2023 à 142 en 2024dans 13 portset la compagnie maritime a également indiqué que tous ses nouveaux navires depuis 2017 sont prêts à se connecter au réseau électrique du quai.
Costa, pour sa part, place la Costa Smeralda et Côte Toscane comme référence pour sa stratégie de développement durable basée sur le GNL. La société présente les deux navires dans le cadre de son engagement en faveur du gaz naturel liquéfié et définit cette technologie comme l'option la plus avancée disponible aujourd'hui pour améliorer la performance environnementale de ses opérations.
Royal Caribbean et NCL : des stratégies plus diversifiées
Royale Caraïbes et Compagnie de croisière norvégienne Ils montrent une approche plus ouverte en termes technologiques. Royal Caribbean maintient le GNL parmi les alternatives qu'elle explore pour réduire l'empreinte de sa flotte, tout en travaillant avec biocarburants, méthanol, piles à combustible et batteries dans le cadre de sa stratégie énergétique à long terme.
Dans le cas de NCL, l’entreprise a récemment donné de la visibilité aux carburants renouvelables. En octobre 2025, avec Repsol, elle a annoncé un huit ans pour la fourniture de carburants marins renouvelables dans le port de Barcelone, dans le cadre de son programme global Naviguer et maintenir et son objectif d’atteindre zéro émission nette d’ici 2050
La comparaison entre groupes dessine un scénario échelonné. MSC et Costa montrent une mise en œuvre plus visible du GNL dans leur histoire et dans leur flotte. Royal Caribbean combine le gaz avec une plus grande diversification technologique. NCL, pour sa part, projette une transition plus ouverte vers les carburants renouvelables. Dans tous les cas, la durabilité apparaît déjà comme une combinaison de solutions.
Une carte technologique de plus en plus large
La principale lecture laissée par ce mouvement est que la durabilité dans les croisières n’est plus soutenue par un seul levier. Près de GNLl’électrification, les carburants renouvelables, le méthanol et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et portuaire gagnent du terrain. Dans ce contexte, Meyer Werft donne une image de l'avenir, tandis que les compagnies maritimes consolident les solutions applicables au présent.
Ce changement d’orientation répond également à la nécessité de continuer à affiner la décarbonation du secteur. Il Conseil international pour les transports propres (ICCT) a noté en 2024 que les émissions réelles de méthane des navires propulsés au GNL pourraient dépasser les hypothèses supposées par la réglementation actuelle, un facteur qui contribue à expliquer pourquoi l'industrie continue de développer des alternatives complémentaires.
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