Ce mouvement s'inscrit dans une tendance que d'autres groupes aériens européens ont déjà suivie : s'approprier une plus grande part du marché des vacances, non seulement en vendant le siège, mais aussi le forfait complet. Dans le cas de Condor Holidays, l'approche sera directe et numérique : vente en ligne, packaging dynamique, inventaire hôtelier sélectionné et engagement dans la recherche sémantique soutenue par l'intelligence artificielle.
Qu'est-ce qui change maintenant chez Condor Holidays ?
La marque Condor Holidays n’est pas nouvelle. Nous avons déjà travaillé avec Condor et nous l'avons déjà vendu sous le nom de Condor Holidays, mais nous l'avons fait en tant que société externe. Ce qui change maintenant, c'est que Condor a décidé de créer son propre tour opérateur avec nous.
Jusqu'à présent, nous étions un prestataire externe qui travaillait avec différentes entreprises. Nous avons commencé avec Air Berlin, puis avec Lufthansa, puis avec Condor, en faisant toujours la même chose : exploiter des produits de vacances pour les compagnies aériennes. Mais désormais, nous ne sommes plus une entreprise externe. Nous avons créé un nouveau partenariat avec Condor et nous allons continuer à vendre Condor Holidays, mais désormais en tant que tour opérateur de la compagnie aérienne. Nous faisons partie de la famille.
C'est un changement important car être externe n'est pas la même chose qu'être tour opérateur de Condor. D’une part, cela montre que la compagnie aérienne prend la chose au sérieux, comme l’ont fait Jet2, easyJet ou Eurowings. Et d’un autre côté, cela permet une bien plus grande intégration : les lieux Condor sont aussi les lieux Condor Holidays.
Quand commenceront-ils officiellement à fonctionner ?
Le contrat a été signé en décembre 2025. Mais sur le plan juridique, technologique et assurantiel, le processus prend du temps. En Allemagne, les voyagistes doivent adhérer à un système de garantie ou d'assurance pour protéger le consommateur. Après la faillite de Thomas Cook, le gouvernement allemand a renforcé l'obligation pour les opérateurs d'apporter des capitaux à un fonds commun afin qu'en cas de faillite d'une entreprise, le client puisse récupérer son argent. L’ensemble de ce processus juridique, ainsi que la technologie, prend plusieurs mois. Nous n'avons pas encore commencé à vendre en tant que nouvelle entreprise. Si tout se passe bien sur la partie juridique et technique, le lancement aura lieu en juin.
Quel est le modèle économique que vous proposez et quel poids auront les agences ?
Ce sera un modèle de vente directe et en ligne. Il n’y aura pas d’intermédiation ni d’agences de voyages physiques, du moins dans un avenir prévisible. L'objectif est de convertir une partie de la clientèle de Condor, déjà présente sur ses canaux numériques, en acheteurs de forfaits.
Nous voulons que le client qui accède au site Web de Condor à la recherche d'un vol puisse également réserver l'hôtel, le transfert, l'assurance ou la location de voiture au sein de Condor Holidays. Notre objectif principal est là où Condor est déjà présent : sur ses canaux en ligne. Cela ne veut pas dire que nous voulons remplacer tous les autres modèles. Il y a des clients qui veulent le forfait traditionnel, l'agence de voyages et un service plus assisté, et cela me semble parfait. Nous nous adressons à un autre segment : le client qui réserve déjà des vols en ligne et qui est habitué à organiser son voyage de manière numérique.
Pourquoi uniquement la vente en ligne et directe ?
Nous souhaitons toucher les clients qui réservent déjà des vols avec Condor et qui ont l’habitude d’acheter en ligne. Il y a là un public captif qui n’est pas servi. Jusqu'à présent, si un client souhaitait réserver un vol plus un hôtel avec Condor, il devait s'adresser à une agence en ligne comme Check24 ou HolidayCheck, ou acheter le vol d'une part et l'hôtel d'autre part. Mais il existe un pourcentage important de clients qui souhaitent voyager avec Condor pour des raisons de prix, de marque ou de commodité, et qui seraient également disposés à réserver le forfait auprès de la compagnie aérienne elle-même.
Nous y voyons une niche claire. Condor dispose d'une marque très forte, notamment dans le sud de l'Allemagne, avec Francfort et Munich comme hubs importants. Il existe une clientèle qui souhaite déjà voyager avec Condor et pourra désormais également réserver le forfait.
Vous parlez d’un package 100 % dynamique. Qu’est-ce que cela implique exactement ?
Nous ne parlons pas d’un package de catalogue à l’ancienne. C'est un produit dynamique : vol, hôtel et services complémentaires, comme le transfert, l'assurance ou la location de voiture, combinés selon les besoins du client.
De plus, nous voulons aller plus loin. À l'heure actuelle, la technologie nous permet de construire des forfaits avec un aéroport d'origine, un aéroport de destination, un hôtel et certains services. Mais l'objectif est d'évoluer vers un forfait véritablement configurable : que le client puisse voler, par exemple, jusqu'à Tenerife, y passer deux jours, puis se rendre sur une autre île et revenir de Fuerteventura à Francfort ; ou bien vous pouvez effectuer un itinéraire aux Etats-Unis avec plusieurs séjours, une voiture de location, des activités et des vols au sein d'une seule réservation. L'idée est que tous les éléments du voyage soient dans une seule réservation, mais que le client puisse les configurer de manière beaucoup plus flexible.
Un nouveau modèle de recherche
Quel rôle l’intelligence artificielle jouera-t-elle dans ce modèle ?
Nous voulons changer la façon dont vous recherchez des forfaits vacances en Allemagne. Nous n’incorporons pas l’intelligence artificielle juste pour le plaisir, mais parce que c’est l’outil dont nous avons besoin pour créer une expérience de recherche plus intuitive et plus organique.
Sur le site Condor Holidays, qui n'est actuellement disponible qu'en allemand, nous avons déjà commencé à introduire la recherche sémantique. Il est encore en phase de test et permet quelque chose de différent : le client ne doit pas forcément commencer par l'aéroport, la destination, les dates et les filtres. Vous pouvez écrire ce que vous voulez de manière plus naturelle, comme vous le diriez à un agent de voyages.
Par exemple : « Majorque en août pour quatre personnes, avec toboggans pour les enfants ». Cette recherche sémantique interprète la demande et fonctionne avec différentes sources d'informations : attributs de l'hôtel, descriptions, avis, avis et autres données. Il ne se limite pas à une liste statique d'installations. Nous sommes encore en phase de formation, mais nous pensons que lorsque le client s'habituera à rechercher de cette manière, il ne voudra plus chercher d'une autre manière.

Quel rôle aura l’Espagne dans cette nouvelle étape ?
L'Espagne est un marché prioritaire. Condor dessert Majorque, Ibiza, les îles Canaries, Barcelone et Jerez, et l'Espagne occupe une position très forte sur le marché allemand.
Majorque, les îles Baléares et les îles Canaries ont une énorme intégration avec l'Allemagne. Il y a beaucoup de gens qui parlent allemand, il y a des clients qui connaissent déjà la destination et se sentent à l'aise. En période d’instabilité, les voyageurs ont tendance à retourner vers des destinations qui suscitent la confiance.
L'Espagne a un net avantage en termes de marque, de qualité et de confiance. Mais il faut aussi faire attention aux prix. En cas d'instabilité en Méditerranée orientale, une partie de la demande pourrait se déplacer vers l'Espagne, mais cela ne signifie pas que les prix peuvent être augmentés sans limite. Il existe un segment qui évolue uniquement en fonction du prix et qui peut changer de destination si la Turquie ou l'Égypte redeviennent très bon marché.
Comment évolue la demande du marché allemand pour cette saison ?
L'année a commencé avec de très bonnes réservations, mais en mars, elles ont ralenti. Depuis, on a vu beaucoup de dernière minute. La dernière minute qui devait normalement débuter en juin a été avancée au mois de mars.
Désormais, le mois de juillet est déjà réservé, pas seulement les mois de mai et juin, et le mois d'août devrait commencer dans les prochaines semaines. Si la situation internationale ne s’aggrave pas, nous pensons que septembre et octobre pourraient être de bons mois. Les gens peuvent prolonger la saison.
Le tourisme est très sensible à toute crise, mais il est aussi très résilient. Depuis la pandémie, il semble toujours y avoir une part d’incertitude, mais les Allemands continuent de voyager. Peut-être qu'ils ajustent leur budget ou réduisent la fréquence, mais les vacances restent importantes.
Quel rôle World2Meet joue-t-il pour Condor Holidays en Espagne ?
W2M est notre partenaire stratégique en Espagne. Pour nous c'est essentiel car nous ne voulons pas travailler uniquement avec une banque de lits. En tant que voyagiste, nous sommes responsables de toutes les composantes du forfait : vol, hôtel, transfert et expérience client.
Nous avons besoin d’un partenaire réellement présent à destination, capable de réagir si quelque chose arrive. World2Meet a une très forte présence en Espagne et la connaissance nécessaire du produit hôtelier et de la destination. Pour nous, c’est la clé.
Quel message souhaitez-vous transmettre aux hôteliers espagnols ?
Nous souhaitons transmettre deux idées. La première est qu’ils embarquent sur le navire Condor, car c’est un grand navire avec un voyage pour les années à venir. La seconde est qu’ils ne doivent pas cesser de travailler avec leurs tour-opérateurs habituels : ce que nous ouvrons est une voie supplémentaire. Ce parcours est en ligne, direct, flexible, rapide et transparent. Pour l'hôtelier, Condor Holidays peut être une extension pour activer des campagnes de forfaits dynamiques en Allemagne.
Nous n'avons aucun engagement avec nos propres hôtels et nous ne souhaitons pas non plus promouvoir un établissement spécifique pour des raisons de groupe. En ce sens, nous sommes flexibles et accessibles. Nous voulons que l'hôtelier comprenne que nous ne rivalisons pas avec ses chaînes actuelles, mais que nous lui offrons plutôt une voie commerciale supplémentaire.
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