La demande touristique internationale vers l’Europe a démarré l’année 2026 de manière positive, avec une augmentation 5,6% des arrivées et de 5,5% sur les nuitées par rapport à la même période de l'année dernière, selon le rapport European Tourism: Trends & Prospects de la Commission européenne du voyage (ETC). Ces progrès sont soutenus par la vigueur du tourisme intérieur européen, qui représente près de 80% des voyages internationaux vers des destinations européenneset dans la préférence pour des destinations proches perçues comme sûres dans un contexte d'incertitude géopolitique due aux conséquences de la guerre en Iran.
L'Espagne apparaît dans le rapport avec une croissance modérée en début d'année, passant de 2% sur les arrivées internationalesen dessous d'autres destinations méditerranéennes comme la Grèce, Chypre ou la Croatie. Le comportement des marchés émetteurs montre une évolution inégale : Royaume-Uni et la Chine stimulent la demande vers l'Espagne, tandis que la France, les Pays-Bas et le Canada enregistrent une baisse des arrivées.
Le Royaume-Uni maintient son poids en Espagne
Le marché britannique continue d'être l'un des plus forts soutiens pour l'Espagne au début de 2026. Selon l'ETC, les arrivées de touristes britanniques en Espagne ont augmenté de 2,5% sur la période analysée, contrairement aux baisses enregistrées dans d'autres destinations méditerranéennes comme la Grèce, où les arrivées en provenance du Royaume-Uni ont diminué de 14,6%.
Le rapport associe ce comportement à l'attractivité de l'Espagne en tant que destination aux températures douces en hiver. Dans un contexte où un peu plus de la moitié des destinations européennes analysées ont enregistré une baisse des arrivées ou des nuitées en provenance du Royaume-Uni, l'Espagne a réussi à maintenir une évolution positive.
La Chine se développe fortement vers l'Espagne
Les données les plus remarquables pour l’Espagne proviennent du marché chinois. Les arrivées de touristes chinois dans le pays ont augmenté de 55,3% d’année en année, et l’ETC indique que le volume est désormais presque le double de celui enregistré avant la pandémie.
Cette croissance s'inscrit dans le cadre de la reprise du tourisme chinois à l'étranger vers l'Europe, favorisée par le Nouvel An lunaire et l'amélioration de certaines liaisons avec le continent. Le rapport souligne également que plusieurs destinations européennes ont enregistré des progrès significatifs depuis la Chine, notamment l'Autriche, l'Allemagne et la Suisse, même si L'Espagne se distingue par l'augmentation de sa part sur ce marché.
Retraite de la France et des Pays-Bas
Tous les grands émetteurs européens n’évoluent pas positivement. Les arrivées de touristes français en Espagne ont diminué 11,7% début 2026. L’ETC vise un une plus grande orientation des voyageurs français vers des destinations dans les Balkans et l’Europe centraleassocié à un meilleur rapport qualité-prix et à moins de pression touristique.
Le marché néerlandais est également en déclin. Les arrivées des Pays-Bas vers l’Espagne ont diminué de 5,1%dans un contexte où les voyageurs néerlandais ont montré davantage d'intérêt pour les destinations nature et hivernales, comme l'Autriche, la Suisse, la Norvège ou la Finlande.
L'Allemagne reste pratiquement stable
Le marché allemand présente un évolution plate pour l'Espagne. Les arrivées de touristes allemands ont diminué 0,1% et nuitées 0,2%selon le rapport. L'ETC souligne cependant que Les réservations anticipées ont un poids croissant en Allemagnepuisque de nombreux voyageurs ont clôturé leurs vacances d'été plus tôt pour sécuriser les prix et contrôler les coûts.
Cette tendance pourrait profiter aux destinations établies sur le marché allemand, notamment à l’Espagne et à la Grèce, dans les mois à venir.
Canada : moins d'arrivées, mais des séjours plus longs
Le marché canadien affiche une lecture mitigée pour l'Espagne. Les arrivées ont chuté 12,7%mais les nuitées ont augmenté de 17,7%. L'ETC interprète ce comportement comme le résultat de des voyages plus longs vers des destinations aux températures douces, dans un hiver canadien plus froid que d'habitude.
Le Portugal présente une tendance similaire, avec toutefois une croissance des arrivées et des nuitées, ce qui confirme l'attractivité de la péninsule ibérique pour une partie de la demande canadienne de longs séjours.
Prévisions : l’Europe va croître et l’Espagne gagne sa position de destination refuge
Pour l’ensemble de 2026, l’étude Tourism Economics, citée par l’ETC, prédit que les arrivées internationales en Europe augmenteront de 7,8%avec une croissance de 8,6% en Méditerranée méridionale et européenne. Le rapport alerte toutefois sur les risques liés au conflit au Moyen-Orient, à l'augmentation des coûts d'exploitation, aux possibles tensions sur le carburant d'aviation et à l'évolution de la connectivité aérienne.
Dans ce contexte, l'Espagne se consolide comme l'une des destinations européennes ayant la capacité de capter la demande détournée des zones perçues comme plus instables. L'ETC souligne que l'Europe est confrontée à des risques moindres que les autres régions en raison du poids du tourisme intrarégional, qui représente près de 80% des voyages internationaux vers des destinations européenneset par la substitution des flux vers des destinations perçues comme plus sûres et de plus courtes distances.
Les défis à venir
La croissance attendue n’élimine cependant pas les risques pour l’industrie. L'enquête Travel Industry Monitor de Tourism Economics, incluse dans le rapport d'ETC, place l'augmentation des coûts des entreprises comme le principal défi du tourisme européen en 2026, indiqué par le 55% des professionnels consultés. Viennent ensuite le coût des vols, avec un 53%l'augmentation du coût du logement, avec un 47%et les perturbations liées aux conflits régionaux, avec un 42%.
Ces facteurs peuvent exercer une pression sur les marges du secteur et se répercuter en partie sur les prix finaux. Le rapport note également qu'un 55% des professionnels européens s’attendent à une demande internationale plus faible, par rapport à une 16% qui prévoit une plus grande force, alors que le principal centre d'optimisme se concentre sur le tourisme intérieur, avec un 34% de réponses positives.
L'Espagne s'inscrit dans ce modèle en raison de sa position dans la Méditerranée occidentale, de sa connectivité aérienne et du poids des marchés émetteurs européens proches tels que le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. Même si certains de ces émetteurs reculent en début d'année, le pays maintient une évolution positive des arrivées internationales et est également soutenu par la reprise de marchés lointains comme la Chine.
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