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Parfois pour le meilleur et parfois pour le pire, bien que cet article aborde cette dernière hypothèse.

C'est ce qui s'est passé il y a quelques jours sur la petite et belle île grecque de Santorin, avec ses rues étroites et sinueuses, ainsi que ses célèbres couchers de soleil. Certaines images peuvent être vues sur : https://www.dailymail.co.uk/news/article-13681257/greek-island-santorini-council-residents-stay-home-tourists.html

C'est l'expression extrême de la touristification : avant le débarquement de quelque 17 000 croisiéristes (soit plus que la population qui y réside), les autorités ont demandé aux habitants de rester chez eux pour ne pas aggraver encore la situation de sursaturation. Bref, réduisez la liberté de mouvement dans votre propre ville et île pour ne pas gêner les touristes. Il n’est pas surprenant que les personnes concernées soient en colère.

Le pire, c'est que ce sont les habitants qui dérangent leur propre localité, comme s'ils étaient superflus sur scène. On ne comprend pas vraiment que si la population locale n’est pas respectée et prise en compte, le tourisme finira par mourir de succès. Ceux qui n’en sont pas conscients tueront la poule aux œufs d’or.

Car en effet, les mots sont une chose et ce qui se passe réellement en est une autre. À la lumière de ce cas éloquent, il convient de noter que :

*Les agents publics ne prennent pas de mesures pour éviter ces excès flagrants, que ce soit par intérêt, par incompétence ou par ignorance… Et s'ils en prennent, c'est avec retard et improvisation, faute de planification.

*Les navires de croisière, s'ils ne sont pas coordonnés et/ou limités, sont un foyer de surpeuplement, d'effondrement et de non-durabilité sociale et environnementale avec un grand impact. Dans leur propre intérêt, les compagnies maritimes devraient s’autoréguler.

*Les voyagistes gagnent ainsi de l'argent : que leur apporte d'autre l'expérience qui peut émaner de telles concentrations de personnes ? Quel tourisme expérientiel… Je me demande, en regardant les choses de l'autre côté, combien d'argent laissent derrière eux les croisiéristes qui ne sont là que quelques heures. A titre d'exemple, le port d'Aalborg (au Danemark) a décidé que cela, économiquement, ne l'intéressait plus : https://myaalborg.com/new-course-aalborg-drops-cruise-ships/#:~ :text =Pour%2015%20ans%2C%20Port%20de,Destination%20NORD%2C%20Tonny%20Skovsted%20Thorup

*La superficialité de ce tourisme d'agglomérations ou de haute densité, juste pour prendre quelques photos, est le reflet d'une société qui a les pieds d'argile, peut-être l'élément qui nous préoccupe le plus.

*Les habitants, très dépendants économiquement du tourisme, sont sans défense, même si ce sont eux qui élisent leurs représentants dans les institutions publiques : c'est un pouvoir qu'ils pourraient, en général, utiliser de manière plus organisée.

Dans mes articles précédents, j'ai beaucoup insisté sur l'importance de la gouvernance, qui doit accueillir, et pas seulement de manière symbolique ou cosmétique, les communautés locales comme moyen de restaurer les équilibres perdus comme ceux qui ont donné lieu aux poussées de phobie du tourisme. qu'ils se propagent comme une tache d'huile (voir, par exemple : https://www.hosteltur.com/comunidad/005187_gobernanza-turistica-en-tiempos-convulsos-hacia-donde-vamos.html). Je n’insisterai pas là-dessus maintenant parce que je ne sais pas comment il est structuré dans le cas présent, mais je dis que, sûrement, il faudrait changer de vocabulaire : au lieu de parler de « destinations touristiques » (terme selon lequel les touristes sont au centre de cette activité, dans une perspective strictement économique), nous devrions utiliser une expression comme « lieux fréquentés par les visiteurs », entendus comme des destinations dans lesquelles les touristes et les randonneurs doivent cohabiter avec une population locale qui doit survivre et prospérer. L'accent n'est pas seulement mis sur les visiteurs, mais aussi sur ceux qui y résident.

Il faut remettre les choses à leur place et dans leur juste mesure : à l’endroit et non l’inverse. J'avoue que, de mon humble point de vue, cet événement représente un signal tellement clair et sérieux que je ne peux pas le voir du point de vue de la génération de revenus pour la communauté locale et des moyens qui pourraient être mis en œuvre pour les maximiser, du point de vue de « gestion des revenus » (imposer une taxe d’entrée, par exemple), même comme un moindre mal. Les implications sociales en sont insupportables : que « les voisins ne sortent pas pour ne pas déranger les touristes », c'est la fin : https://www.tourinews.es/resumen-de-prensa/notas-de-prensa- destinos-turismo /autorités-santorin-grece-demander-aux-voisins-de-ne-pas-aller-déranger-les-touristes_4482603_102.html

Ce que nous avons atteint… et ce ne sera pas une exception. Mais il faut insister encore une fois : le problème n’est pas le tourisme, mais les modèles de croissance et leur gestion (ou leur absence).

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