La bataille juridique entre Ryanair et eDreams ODIGEO s'est intensifiée en Allemagne avec deux nouvelles phrases d'un tribunal régional de Hambourg. La décision judiciaire non seulement impose une amende à la compagnie aérienne pour avoir agi de « mauvaise foi » en désobéissant à des ordres antérieursmais décompose également plusieurs de ses principales pratiques commerciales. Selon la résolution, la société irlandaise aurait maintenu clauses interdites sur sa plateforme malgré la capacité technique de les supprimerce qu'eDreams appelle un modèle systémique de non-respect de l'État de droit en Europe.

Le tribunal de Hambourg a jugé que Ryanair avait agi de manière « coupable » en ignorant les mesures de précaution émises en mai 2025. Le juge a rejeté les arguments de la compagnie aériennea, soulignant qu'une compagnie aérienne de sa taille dispose des ressources nécessaires pour se conformer immédiatement aux résolutions. Cette sanction pour désobéissance renforce la position d'eDreams, qui dénonce un comportement similaire à celui observé dans d'autres juridictions comme l'Espagne, où la compagnie aérienne fait face à des avertissements criminels pour ne pas avoir cessé ses campagnes de dénigrement.

Pratiques commerciales invalidées

Dans un second jugement sur le fond, la justice allemande a démantelé la politique du « non-remboursement » de Ryanair (clause 10.1), la considérant contraire à la réglementation en vigueur et trompeuse pour les passagers. De même, le jugement annule les « frais administratifs » que l'entreprise facture pour la gestion des remboursements d'impôts gouvernementaux. Le tribunal considère que ces frais sont « déraisonnablement désavantageux », puisque dans de nombreux cas, le montant des frais dépasse le montant du remboursement, permettant à la compagnie aérienne de conserver des fonds qui appartiennent légalement au consommateur.

Le conflit sur le marché espagnol

Ce front en Allemagne a un parallèle direct avec la situation en Espagne, où la relation entre les deux sociétés traverse son moment le plus critique. Comme l'a rapporté Hosteltur, le tribunal de commerce n°12 de Barcelone a déjà déclaré Ryanair coupable de concurrence déloyale et de dénigrement à l'encontre d'eDreams et de son modèle d'abonnement Prime. La justice espagnole a ordonné à la compagnie aérienne de cesser d'utiliser des termes tels que « arnaque », « tromperie » ou « pirate » dans ses communications officielles et sur les réseaux sociaux.

Le conflit en Espagne s'est intensifié lorsque le juge a émis un avertissement criminel formel contre la compagnie aérienne en raison de sa persistance dans ces pratiques dénigrantes. La décision oblige Ryanair à publier une rétractation publique pendant six mois dans laquelle elle doit reconnaître expressément que « eDreams Prime est un service d'abonnement légitime qui offre des économies aux consommateurs ». Bien que la compagnie aérienne ait annoncé des recours contre ces mesures, les tribunaux espagnols ont maintenu leur demande de cessation d'une campagne qu'ils considéraient comme « parfaitement organisée » pour nuire à un concurrent.

Interdiction de la conception Web trompeuse

La décision allemande a également affecté le processus de réservation en ligne. L'utilisation d'un bouton « Rechercher » qui coche automatiquement la case d'acceptation des conditions générales a été déclarée illégale, car elle conduit à un consentement invalide. Par ailleurs, la justice allemande a invalidé les clauses qui imposent la juridiction irlandaise, protégeant l'application des réglementations locales de protection des consommateurs.

Contexte des sanctions européennes

Ce nouveau revers judiciaire s'ajoute à l'histoire contentieuse de la compagnie aérienne sur le continent. eDreams rappelle que ces décisions interviennent après les amendes infligées en Italie (256 millions d'euros) pour abus de position dominante et en Espagne (108 millions d'euros) pour infractions graves envers les consommateurs.

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