La table de négociation de la convention collective des agences de voyages a entamé ses premiers pas pour définir les conditions de travail qui régiront à partir de 2026. Après un exercice 2025 marqué par une augmentation salariale de 3% convenue entre le CEAV et Valorian, le secteur est désormais confronté à la le défi de négocier un cadre qui retrouve le consensus de toutes les forces syndicales dans un scénario de résultats économiques en hausse.

Le point de départ de ce nouveau processus de négociation est accord « transitoire » signé en juin dernier et récemment publié au BOE. Ce pacte a non seulement établi rétroactivement l'augmentation de 3 %, mais a également créé un précédent important dans la structure salariale : la limitation de la clause d'indemnisation et d'absorption pour les revenus inférieurs à 24 200 euros bruts par an.

Cette mesure visait à atténuer la perte de pouvoir d'achat dans les niveaux de salaires les plus bas, mais elle s'est avérée insuffisante pour les syndicats CCOO et UGT, qui n'ont pas signé le document. À l’horizon 2026, ces syndicats devraient durcir leurs plateformes de revendications pour compenser ce qu’ils considèrent comme un écart entre les salaires et l’inflation accumulée.

Objectif : renverser l’accord

Pour les syndicats, Le nouveau cycle doit aller au-delà des ajustements salariaux. Comme l'a expliqué José Luis Estévez, directeur du tourisme de Valorian, dans des déclarations à ce média, l'intention du syndicat est de « donner un tournant complet à l'accord », car ils considèrent qu'il y a des sujets qui n'ont pas été mis à jour depuis des années en raison de la pause provoquée par la pandémie.

L'un des axes centraux de la proposition de Valorian sera durée de l'accord. Estévez estime que cela n'a aucun sens de négocier des accords annuels et s'engage sur un cadre de trois ou quatre ans qui permet une véritable planification. « Cela n'a aucun sens de négocier constamment; notre objectif est un accord à moyen terme qui permette de répartir les augmentations et les mesures dans le temps », affirme le porte-parole syndical.

Les changements mis sur la table pour les agences : la réduction du temps de travail est à nouveau le protagoniste

Dans le cadre de cette mise à jour complète, le syndicat considère ces questions prioritaires :

  • Réduction du temps de travail : Valorian défend qu'il y a une marge dans le secteur pour ajuster la journée de travail annuelle en fonction de la productivité et de l'activité, prônant l'autonomie collective. « Indépendamment du fait qu'il n'a pas été finalement approuvé par le Parlement. »

  • Augmentation de salaire: Estévez souligne qu'il s'agit généralement d'un des points centraux de la négociation, même si l'augmentation demandée dépendra de la possibilité de parvenir à un accord pour conclure un accord à moyen terme. « Nous pensons qu'il y a une marge pour 3% », mais cela dépendra du reste des questions, comme le temps prévu dans l'accord et la réduction du temps de travail.
  • Sécurité sociale : La proposition de créer un régime sectoriel de retraite de l'emploi en complément de la retraite.

  • Modernisation du texte : Mettre à jour la réglementation du travail pour intégrer les questions technologiques, numériques et de formation qui ne sont pas actuellement reflétées dans les articles.

  • Clause de résorption : Poursuivre le débat sur sa limitation, même si l'organisation patronale a déjà déclaré lors de ce premier contact qu'elle n'accepterait pas sa suppression totale.

Volonté de dialogue

Dans des déclarations à Hosteltur, Mercedes Tejerodirecteur de la Confédération espagnole des agences de voyages (CEAV), a confirmé que cette première rencontre a fondamentalement servi de contact entre les parties. Selon Tejero, la rencontre a permis à chaque partie de présenter ses besoins et ses premières approches dans un climat constructif. De même, il a souligné qu'il existe de la part du CEAV une « claire volonté de dialogue » dans le but de parvenir à des accords équilibrés qui assurent la stabilité et profitent tant aux entreprises qu'aux travailleurs.

L’impact de la facturation et des heures de travail

L’environnement économique dans lequel se déroulent ces conversations est favorable en termes d’affaires. Selon Europa Press, le CEAV traite des données qui placent le une croissance de la facturation supérieure à 3% à fin 2025. Ce dynamisme du marché constitue le principal argument du côté social pour exiger des améliorations allant au-delà de ce qui avait été convenu lors du cycle précédent.

Cependant, les employeurs introduisent des facteurs de correction dans la négociation. L’un des plus critiques est précisément l’éventuelle réduction du temps de travail. Le CEAV a déjà prévenu qu'une réduction de la durée maximale légale du travail pourrait conduire à une surcoût pour les agences d'environ 6,5%ce qui limiterait les marges de manœuvre pour appliquer des augmentations directes dans les grilles salariales 2026.

Pour faire avancer les démarches, les parties ont déjà établi un calendrier de rendez-vous clés pour le début de l'année : les journées 12 et 26 janvieret le 9 février. Lors de ces réunions, les plateformes de protestation commenceront à être détruites et on vérifiera s'il y a de la place pour cet accord à long terme que réclame le côté social.

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