La ministre déléguée des Affaires étrangères de la France, Eléonore Caroit, a demandé mardi aux touristes qui envisagent de visiter le pays de ne pas reporter leurs voyages en raison des incendies et de simplement rechercher des informations officielles pour savoir quelles zones sont touchées car les autres sont sûres.
« Ce qu'il faut prendre en compte, malgré évidemment l'ampleur de ces incendies et le grand nombre d'incendies qui ont débuté cette année, c'est que la grande majorité du territoire français n'est pas touchée », a déclaré Caroit dans un entretien à l'Efe à l'occasion des incendies de ces derniers jours, et notamment celui qui a brûlé 42.000 hectares aux portes de Bordeaux, en Gironde (sud-ouest).
Il a précisé que « même en Gironde, il existe un certain nombre de lieux, de sites touristiques, qui ne sont pas du tout touchés ou en danger », et a insisté sur le fait d'appliquer « une telle politique de prudence et de précaution afin que les gens sachent précisément si l'endroit où ils envisagent de se rendre est un endroit en danger ou non ».
L'incendie de Gironde, qui s'est déclaré la semaine dernière au nord du bassin d'Arcachon et s'est propagé à moins d'une quinzaine de kilomètres de la ville de Bordeaux, a contraint l'évacuation de près de 220 000 personnes.
Ces chiffres, comme l'a souligné le ministre, s'expliquent par le fait qu'il s'agit d'une zone très densément peuplée avec une forte présence de touristes français et étrangers, mais aussi parce qu' »une politique de prévention très forte est appliquée car notre priorité est que chacun soit en sécurité ».
C'est pourquoi son message aux touristes est qu'ils « ne reportent pas leurs voyages, sauf s'ils se rendent dans des régions touchées » et, pour savoir quelles sont ces dernières, qu'ils « vérifient de manière très détaillée les informations fournies par les autorités françaises », qui effectuent « un suivi précis, détaillé et heure par heure afin de fournir l'information la plus appropriée et la plus pertinente ».
Caroit a insisté sur le fait que ce que vit la France est « une situation exceptionnelle comme nous n'en avons jamais connu auparavant, même pas en 2022 », qui était jusqu'à présent l'année avec le plus d'incendies, puisque jusqu'à présent en 2026, 116 000 hectares ont déjà brûlé.
Aux polémiques politiques sur le manque de moyens contre les incendies, il a répondu, dans la lignée de ce qui a été souligné par le président français Emmanuel Macron, qu'au cours des dix dernières années les capacités ont doublé, tant en termes de personnel que de matériel et que la France possède « l'une des flottes d'avions les plus importantes », mais l'ampleur des incendies « nous n'avions pas connu sur le sol européen ».
Il a souligné l'utilité du mécanisme européen de solidarité de la Protection Civile dont bénéficient cette année la France, ainsi que l'Espagne, avec des ressources provenant de la Suède, de la Suisse, de la République tchèque et d'autres pays européens.
« C'est un mécanisme », a-t-il dit, « qui fonctionne très bien, qui a été testé à des moments critiques pour différents pays européens, qui est absolument nécessaire et qui sauve des vies ».
C'est quelque chose qui, selon lui, doit être souligné, maintenant que le nouveau cadre financier de l'Union européenne est en cours de négociation.
« C'est quelque chose qui doit être maintenu – a-t-il estimé – et qu'il faut rappeler à l'heure où tant de partis populistes, et particulièrement en France l'extrême droite, voudraient faire croire à nos concitoyens que l'Europe ne sert à rien (…) On voit là à quel point l'Europe est quelque chose de concret, l'Europe est souveraineté et l'Europe est aussi solidarité. »
Pour le ministre délégué des Affaires étrangères, la crise des incendies que connaissent la France et ailleurs devrait au moins servir à « nous aider à prendre conscience » des conséquences du changement climatique et à susciter une plus grande sensibilité internationale sur cette question.
C'est le contraire de ce qu'on observe, note-t-il, dans « de nombreux pays d'Amérique latine, dans de nombreux pays du monde également », comme aux Etats-Unis, qui « n'ont pas du tout » la même vision que la France, engagée depuis des années dans une « diplomatie climatique ambitieuse ».
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