Cuba se prépare à opérer un changement stratégique dans la gestion de son principal moteur économique : le tourisme. Le gouvernement a décidé louer certains hôtels de l'État à des chaînes internationalesqui jusqu'à présent n'étaient gérées que dans le cadre de contrats de gestion. Le premier d'entre eux sera Iberostar avec l'un de ses établissements à Varadero, comme l'ont confirmé à EFE des sources proches des négociations.

Ce changement représente une rupture avec le modèle actuel selon lequel l'État cubain, à travers le ministère du Tourisme et différentes entreprises du consortium d'entreprises GAESA, aux mains des Forces armées révolutionnaires (FAR), contrôle l'activité.

Comme HOSTELTUR l'a publié, pendant FITCubale premier ministre, Manuel Marreño ont annoncé qu'ils prévoyaient des « réformes structurelles » pour revitaliser le tourisme, comme la location d'installations touristiques publiques. Jusqu'à présent, le précédent le plus concret était les lettres d'intention signées avec des partenaires chinois pour négocier le bail de l'hôtel Copacabana à La Havane, une opération révélée par le journal officiel Granma en avril.

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Selon les sources consultées par EFE, la mesure poursuit un double objectif. D’une part, oxygéner les caisses de l’État dans une période de crise profonde, où l’économie a besoin de devises étrangères pour garantir les importations de base comme la nourriture et le carburant.

Varadero. Source : Adobe Stock.

En pratique, les contrats de location accorderont aux chaînes internationales une totale autonomie dans l’exploitation des hôtels. Cela inclut, pour la première fois, la possibilité de fixer les salaires sans être soumis au système rigide de l'État, qui imposait des salaires très bas et en monnaie nationale. En plus d'éliminer une bonne partie des obstacles bureaucratiques qui conditionnaient jusqu'à présent tout, de l'investissement aux menus des restaurants.

Même si aucun chiffre n'a été dévoilé, les autorités négocient des conditions individualisées avec chaque groupe hôtelier, sans barèmes communs ni quotas standardisés. Il s'agit d'expériences pilotes, qui pourraient être progressivement étendues à d'autres hôtels, même si aucun délai n'est encore défini.

Le contexte est la situation critique du tourisme sur l’île. Contrairement à des destinations concurrentes comme Cancún ou Punta Cana, qui ont réussi à se redresser après la pandémie, Cuba reste prisonnière d’une contraction. Aux difficultés internes s'ajoutent la crise énergétique, la réforme monétaire, les pénuries, les difficultés externes, avec en toile de fond les sanctions américaines.

Les arrivées internationales sont aux niveaux les plus bas du siècle, à l’exception des années de pandémie. Cette année 2025 fermera, selon les prévisions du secteur, environ 1,8 million de visiteurs, loin des 2,2 millions de 2024 et à des années-lumière des 4,7 millions atteints en 2018, le record historique.

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