Les incendies de forêt laissent derrière eux un défi qui va au-delà de la restauration environnementale. Les destinations concernées doivent empêcher que la perception d’une destruction généralisée n’empêche l’arrivée des voyageurstout en travaillant sur la prévention, la diversification de l'offre et le soutien aux entreprises locales. Le Association d'écotourisme en Espagne (AEE) appelle à des plans spécifiques pour affronter cette étape.
Empêcher l'incendie de devenir une crise touristique
Les effets d’un incendie de forêt ne disparaissent pas une fois les flammes éteintes. Aux conséquences sur le patrimoine naturel, le paysage et la population s'ajoutent les l’impact économique et l’image projetée par les destinations dont la capacité d’attraction est étroitement liée à la nature.
Le Rapport sur les incendies de 2025 et 2026 au réseau de destinations écotouristiques en Espagnepréparé par l'Association d'écotourisme en Espagne (AEE) dans le cadre de son Observatoire de l'écotourisme avec le soutien du secrétaire d'État au Tourisme, estime que 58 092 hectares seront touchés dans 17 de ses destinations en 2025. Cette année, avec les données collectées jusqu'à fin juillet, la surface atteint 98 570 hectares en 10.
Cependant, l’impact sur l’activité touristique n’a pas été le même dans tous les territoires. Pour l'Association, l'un des principaux risques est que le voyageur interprète que toute la destination a été affectée et abandonne sa visitemême si de nombreux espaces, ressources et expériences restent disponibles.
La communication devient ainsi l'un des principaux défis pendant la récupération. L'AEE soutient qu'une zone affectée n'équivaut pas nécessairement à une destination détruite et recommande expliquer précisément quels espaces restent accessibles et quels alternatives Ils peuvent être proposés pendant la restauration des zones endommagées.
Cette stratégie peut impliquer de renforcer temporairement les propositions liées à la patrimoine culturel, gastronomie, produits locaux ou observation du ciel nocturneréduisant ainsi la dépendance à l’égard des ressources naturelles qui ont été affectées.
Le entreprises locales Ils jouent également un rôle important en tant que prescripteurs du territoire. Leurs connaissances permettent aux visiteurs d'être guidés sur les lieux, les activités et les éventuelles restrictions, tandis que les dépenses d'hébergement, de restauration, d'activités ou de produits locaux contribuent à soutenir l’économie des destinations pendant leur reprise.
Et comme il le souligne Amanda Guzmándirecteur de l'Association d'écotourisme en Espagne, « ces destinations sont toujours vivantes et ont besoin que les voyageurs continuent à les aborder de manière responsable. Le faire avec des entreprises locales engagées dans leur conservation nous permet de savoir quels lieux peuvent être visités et, en même temps, contribuer au maintien de l’activité du territoire et à sa relance».
Plus de prévention et de plans de relance spécifiques
Le deuxième grand défi est réduire la vulnérabilité avant les prochains épisodes. L'AEE propose de passer d'un modèle axé principalement sur l'extinction à un autre intégrant prévention, action en cas d’urgence et régénération ultérieure.
Parmi les mesures indiquées figurent les planification pour les périodes de risque maximum, les protocoles d'évacuation et de formation des entreprises touristiques, l'amélioration des accès et de la signalisation, gestion forestière active et le soutien à l'agriculture et à l'élevage; en plus de campagnes de sensibilisation pour les visiteurs.
L'Association exige également que les administrations étudient plans spécifiques de relance du tourisme pour les destinations les plus touchées et des mécanismes de financement visant à la fois la régénération environnementale et la relance socio-économique. L'objectif est que l'incendie ne conduit pas à une deuxième crise causée par la perte prolongée de visiteurs et d’activité commerciale.
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